
La Guinée équatoriale est un pays d'Afrique centrale, sur le golfe de Guinée. Sa particularité géographique la distingue de tous ses voisins : elle est composée d'une partie continentale, le Río Muni, coincée entre le Cameroun au nord et le Gabon à l'est et au sud, et de plusieurs îles, dont Bioko, où se trouve la capitale, Malabo.
Bioko est une île volcanique située au large du Cameroun, à plus de 200 kilomètres de la partie continentale du pays. Annobón, plus petite, se trouve bien plus au sud, au-delà de l'équateur. S'y ajoutent Corisco et les Elobey.
Cette discontinuité a des conséquences concrètes : le pays dépend fortement du transport maritime et aérien pour ses liaisons internes, et une ville nouvelle, Ciudad de la Paz, a été construite sur le continent pour y déplacer les fonctions de capitale.
Le territoire était peuplé de communautés bantoues et de peuples autochtones, notamment les Bubi sur l'île de Bioko et les Fang sur le continent. Ces populations vivaient de l'agriculture, de la chasse, de la pêche et du commerce local, et leurs traditions orales constituent une part importante du patrimoine national.
Les Portugais abordent les îles au quinzième siècle et les cèdent à l'Espagne au 10-huitième. La Guinée équatoriale devient ainsi la seule colonie espagnole d'Afrique subsaharienne, ce qui explique un fait unique sur le continent : l'espagnol y est langue officielle.
L'économie coloniale repose sur la plantation, en particulier le cacao sur Bioko, avec le recours à une main-d'œuvre importée. L'indépendance est proclamée en 1968.

Le premier président est renversé en 1979 par un coup d'État militaire. Depuis, le pouvoir est exercé par la même famille, ce qui en fait l'un des régimes les plus durables au monde. Les organisations internationales de défense des droits humains documentent des restrictions étendues des libertés d'expression, d'association et de la presse, ainsi que des cas de détention arbitraire.
La découverte de gisements d'hydrocarbures au large, dans les années 1990, a transformé le pays. Le produit intérieur brut par habitant est devenu l'un des plus élevés d'Afrique, sans que les indicateurs de développement humain, santé, éducation, accès à l'eau, suivent la même progression. C'est un exemple souvent cité de ce que les économistes appellent la malédiction des ressources.
La production ayant décliné depuis son pic, le pays cherche à diversifier son économie vers le gaz, la pêche, l'agriculture et les services, avec des résultats limités à ce stade.
Trois langues officielles coexistent : l'espagnol, le français, adopté dans les années 1990 pour faciliter l'intégration régionale avec les voisins francophones, et le portugais, ajouté en 2010. À cela s'ajoutent les langues nationales, fang, bubi, ndowé, et un créole d'origine anglaise sur Bioko, le pichinglis.
Cette configuration linguistique est unique en Afrique, et elle explique l'appartenance du pays à des organisations régionales et linguistiques très diverses.
Le pays abrite des forêts primaires, une avifaune remarquable et des plages de ponte de tortues marines parmi les plus importantes du golfe de Guinée. Le parc national de Monte Alén, sur le continent, et la caldeira de Luba, sur Bioko, en sont les sites les plus notables. La pression sur ces milieux vient de l'exploitation forestière, de la chasse et du développement des infrastructures.